Rencontres nationales groupements d’employeurs et emplois culturels

Quelques éléments de contexte

Un sujet d’actualité

« Plus de 25 ans après sa création, l’innovation sociale que constitue le dispositif des groupements d’employeurs suscite un intérêt certain… tout concourt à penser que cette pratique de mutualisation de l’emploi va enfin décoller » peut-on lire dans un article paru dans Juris Association en juillet (télécharger l’article).

De fait, progressivement, les associations s’emparent de ce dispositif permettant tout à la fois de partager des postes (pratiques de mise à disposition en toute légalité), de structurer l’emploi associatif sur un territoire, de sécuriser les parcours professionnels des salariés.

La récente parution du guide Accompagner les groupements d’employeurs associatifs dans le sport, l’animation et l’éducation populaire, publié par l’AVISE (l’Agence de valorisation des initiatives socioéconomiques), en partenariat avec le ministère des Sports, témoigne de cette actualité (télécharger le guide)


L’utilisation récente des Groupements d’Employeurs dans le secteur culturel

Pour répondre aux mutations de leur secteur, les professionnels de l’art et de la culture tentent de développer de nouveaux modes d’organisation et de fonctionnement inspirés de l’économie solidaire : logiques de coopération, mise en réseau, mutualisation…

Les employeurs cherchent des équilibres financiers dans un contexte marqué par la baisse des subventions publiques, les restrictions des emplois aidés de l’Etat, les inquiétudes sur le régime de l’intermittence, des coûts structurels croissants.

Ces dernières années, pour tenter d’apporter des réponses à l’instabilité et la précarité récurrentes, plusieurs groupements d’employeurs partageant des emplois culturels ont ainsi vu le jour, à l’initiative d’acteurs et/ou d’institutions. La plupart sont nés et se développent de façon empirique. Même lorsqu’ils ont pu bénéficier d’appuis – en termes financiers ou d’ingénierie –, ils se confrontent au cadre légal, cherchent un modèle économique, doivent se familiariser avec d’autres approches des ressources humaines… De nombreux porteurs de projet de GE éprouvent le besoin d’échanger avec des pairs.

De leur côté, les collectivités et services d’Etat sont demandeurs de retour d’expériences afin de conforter ou d’ajuster leur politique de soutien à ce type de structures.

Cette journée nationale de rencontres se propose de nourrir les réflexions sur la thématique Groupement d’employeurs et emplois culturels.

 

Rappels sur l’instabilité et la précarité de l’emploi culturel
Fortement qualifié, l’emploi dans le secteur artistique et culturel se caractérise par une instabilité et une précarité certaines : importance des CDD, du turn over : « Le salariat représente les deux tiers de l’emploi dans le champ des activités culturelles. Il se caractérise par une très grande hétérogénité des volumes  individuels de travail et de revenus, par un recours fréquent des salariés à d’autres activités, extérieur au champ culturel et, surtout, par une instabilité de l’emploi que révèlent simultanément l’importance du CDD et du temps partiel mais aussi l’ampleur de la rotation (turn-over) des individus d’une année sur l’autre ».[1]
Dans le champ associatif en particulier – qui reste fort attractif —, le nombre de petites structures tend à augmenter bien que l’emploi stable n’augmente pas. L’enquête nationale sur les associations artistiques et culturelles[2] dénombre 205.000 associations culturelles (sur 1,1 million d’associations tout secteur confondu), dont 31.400 sont employeurs :
• 41% ont un budget inférieur à 50.000 euros
• 35% fonctionnent avec moins d’un ETP
• il faut en moyenne 4 salariés pour constituer un ETP.
Du point de vue des salariés, la situation est souvent celle d’un « travail enrichi » et d’un « emploi appauvri »  selon les termes du sociologue Le Dantec : d’un côté, des contenus de travail riches, variés, formateurs, assortis de responsabilités quelquefois importantes ; de l’autre, un niveau de rémunération en décalage manifeste avec le niveau de formation et/ou le contenu du poste.
La tension entre vocation, engagement, passion et difficultés des conditions de travail est forte[3].

[1] L’emploi salarié dans le secteur de la culture, de Eric Cléron et Frédérique Patureau, lettre du DEPS – 2009-1
[2] Enquête réalisée par OPALE/CNAR culture, commande du ministère de la Culture (télécharger l’enquête)
[3] Séminaire Les Professionnels de la culture, le Sens du Travail en question, Université Lille 1, Laboratoire Clersé, mai 2011
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