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Entrepreneurs sociaux, ces entrepreneurs qui changent le monde !

L’entrepreneuriat social expliqué et illustré lors d’une conférence centrée sur les témoignages

Près de 650 personnes sont venues assister à la conférence sur l’entrepreneuriat social organisée par l’Avise en partenariat avec la Caisse des Dépôts, au salon des entrepreneurs de Paris. Après une brève introduction par Hugues Sibille, président de l’Avise, rappelant le développement certain de cette autre façon d’entreprendre en France mais aussi à l’international, Séverin Husson, journaliste à la Croix, a animé les échanges avec les quatre entrepreneurs sociaux venus témoigner et livrer quelques conseils à ceux qui souhaitent se lancer.

ATF Gaia Sylvain Couthier, président de l’entreprise adaptée ATF GAIA
Élu Entrepreneur social de l’année par le Boston Consulting Group et la Fondation Schwab pour l’Entrepreneuriat Social, Sylvain Couthier est revenu sur les origines de la création d’ATF Gaia en 2008, guidé par une envie de mettre l’humain au centre des priorités de l’entreprise.

ATF Gaia intervient dans le cycle de vie des équipements informatiques et télécoms professionnels, tout en respectant l’environnement et en favorisant l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap. L’entreprise emploie aujourd’hui 80 salariés dont 80% de travailleurs handicapés dans ses effectifs de production. En détaillant le modèle économique, Sylvain a souhaité préciser que « les subventions représentent moins de 5% du chiffre d’affaires », le reste est issu de la vente de matériels et de services. Ces aides de l’État viennent en partie financer « l’accompagnement au poste et la formation des personnes en situation de handicap, mais également le taux d’absentéisme qui pour ces personnes est en moyenne de 13% contre 5% dans le monde de l’entreprise classique. » Aujourd’hui, « la vraie marque de réussite de ce modèle est la confiance de nos clients, en majorité des grands groupes, envers nos prestations, » explique-t-il.

Le conseil de Sylvain : « Il faut être convaincu de son projet. Et ne pas oublier que le succès se nourrit d’échecs. »

Alternativeurbaine Selma Sardouk, fondatrice de l’association Alternative Urbaine
Forte d’une expérience à l’étranger dans le tourisme solidaire et souhaitant développer l’insertion par la culture ou le tourisme, Selma Sardouk lance son projet de faire découvrir des quartiers peu visités de Paris par des personnes éloignées de l’emploi et formées pour devenir des « éclaireurs urbains ».

« Pour nous, la clé du recrutement de ces personnes c’est la motivation. Nous leur proposons un parcours personnalisé de retour à l’emploi et aujourd’hui nous avons 100% de réussite sur 1 an : deux de nos trois anciens éclaireurs urbains ont trouvé un emploi dans la restauration. Le troisième est en formation de moniteur éducateur. Une autre fierté : la différence entre les compétences des personnes à leur arrivée et leur prise de confiance en soi et capacité à s’exprimer quelques mois plus tard, » explique-t-elle.

Le conseil de Selma : « Il faut – dans la mesure du possible – tester son idée avant de rédiger son business plan. C’est plus facile pour convaincre d’éventuels partenaires. »

scop ethiquable Rémi Roux, co-fondateur et gérant de la Scop Éthiquable
Ethiquable voit le jour en 2003 pour commercialiser en France des produits issus du commerce équitable avec comme mission première de remettre l’homme et le travail au cœur de l’entreprise. Aujourd’hui, la Scop emploie 57 salariés.

« Chez Ethiquable, tous les salariés sont appelés à devenir sociétaires au bout de deux ans. En fait c’est une boite normale mais qui appartient à ses salariés et non pas à des actionnaires extérieurs. Dans ce cadre, il n’est pas possible de prendre des décisions qui aillent dans le sens contraire des intérêts du collectif. »
Avec les produits vendus, Ethiquable a un impact positif auprès de 35 000 familles de producteurs des pays du Sud. Et ce grâce aux 2 millions de consommateurs en France.

Le conseil de Rémi : « Entreprendre ensemble, c’est mieux. La coopérative d’activité et d’emploi peut être une solution pour prendre son envol plus sereinement. »

scop equiphoriaHélène Viruega, fondatrice de la Scop Equiphoria
Hélène Viruega a évoqué avec passion la création en 2012 d’Equiphora, un institut d’hippothérapie et d’équithérapie pour les personnes en situation de handicap.

« J’ai travaillé 10 ans aux Etats-Unis dans le milieu de l’équitation de haut niveau. Un jour j’ai fait la rencontre d’un pasteur qui accompagnait des personnes poly-handicapées par la pratique du cheval. Cela m’a bouleversé et j’ai vu un changement incroyable chez ces personnes, que les médicaments sont incapables de produire. J’ai travaillé avec ce pasteur, j’ai fait des recherches, je me suis documentée. De retour en France, je me suis rendue compte qu’une telle structure n’existait pas, je souhaitais la créer. Avec mon conjoint, associé dans le projet, nous avons préparé le business plan, nous avons été accompagnés par des incubateurs, des personnes qui nous ont challengés. Très tôt nous sommes allés voir les établissements médicaux, les médecins. Au bout d’un an, nous nous sommes jetés à l’eau. L’aventure dure depuis 3 ans. » Aujourd’hui Equiphoria est une Scop qui emploie 11 salariés.

Le conseil d’Hélène : « S’accrocher, y croire à fond. Il faut être prêt à exposer son idée et à écouter les critiques. »